Ces lecteurs et amis qui ne lachent rien

Suite à l’annonce du danger de mort qui plane sur Liberté Hebdo qui peut disparaître demain, de nombreux lecteurs se sont manifestés. Beaucoup très émus mais aussi prêts à se mobiliser. Ils nous ont écrit, téléphoné…

histoire liberté hebdoAnnick Mattighello, Maire de Louvroil.
Un journal, une belle histoire, de belles rencontres

Maire (PCF) de Louvroil, Annick Mattighello fut aussi première secrétaire de la fédération du Nord du Parti communiste lorsque celle celle-ci prit la décision il y a 21 ans, sous l’impulsion d’Alain Bocquet, de relancer un journal sous forme hebdomadaire quelques semaines après la disparition du quotidien. Très attachée à ce titre, qu’elle diffuse depuis que cette ouvrière de la Thomson Lesquin a adhéré au PCF – « Liberté et moi ne font qu’un » dit-elle -, Annick Mattighello avait à l’époque largement contribué à la réussite d’une campagne populaire d’abonnements ayant permis le lancement de Liberté-Hebdo et son existence dans la durée. Avec stupéfaction et beaucoup d’émotions, elle a appris le danger grave qui pesait sur l’existence du titre et a tenu tout de suite à nous soutenir et à nous encourager à demeurer combatifs quoi qu’il arrive. « Liberté-Hebdo ne doit pas fermer, ce n’est pas possible » dit-elle. Pour l’élue, ce journal est d’abord « une belle histoire, de belles rencontres. Le plus grand plaisir que m’a donné « Liberté », c’est de me retrouver tous les jeudi, à 5 heures du matin, à la porte de mon usine, avec Jacques Milhau et Michel Simon, ces deux grands philosophes. « Liberté » nourrissait notre action » ajoute-t-elle. Message reçu 5 sur 5 : 21 ans après, le combat continue plus que jamais.

Laurent Matejko, Conseiller régional, responsable du Parti de Gauche du Nord
Un journal précurseur des rassemblements comme le Front de Gauche

Cela fait plusieurs mois, qu’au niveau de la direction du Parti de Gauche, nous savons à la que la situation de Liberté-Hebdo s’est dégradée. Mais j’ai été surpris d’apprendre ces derniers jours que son avenir était directement menacé. J’ai tout de suite proposé à mes camarades de réagir immédiatement, au niveau de nos moyens. Nous allons apporter notre soutien financier et prendre des abonnements. Nous serons bien sûr présents avec vous ce vendredi à la rencontre que vous organisez au journal et disponibles pour les initiatives que vous prendrez. Il n’est pas possible que ce relais des luttes sociales se taise demain. Où ces voix trouveront-elles alors l’occasion de s’exprimer ? Certainement pas dans La Voix du Nord ou Nord-Eclair ! Ce n’est pas dans Liberté-Hebdo que l’on parlera de « grogne sociale » quand des salariés se mettent en grève !
Cela fera 10 ans en 2014 que je me suis abonné à Liberté-Hebdo. Je m’y suis abonné parce qu’à cette période là de ma vie, j’ai quitté la région pour partir un an et demi à Lyon. A Lille, j’achetais le journal en kiosque, mais je voulais conserver un lien avec le Nord-Pas-de-Calais et notamment avec ceux qui luttent. C’est à travers Liberté-Hebdo que j’ai pu conserver ce lien. Qui plus est, cela se passait dans une période particulière : au cours des années  2004/2005 il y a eu cette grande bataille pour le Non au Traité constitutionnel. Liberté-Hebdo a été le seul journal à se faire l’écho dans la région de tous ceux qui faisaient entendre un Non de gauche. Je lisais les témoignages de tous ces militants, notamment ceux d’ATTAC, qui se mobilisaient et rassemblaient beaucoup de monde. J’étais à Lyon, et je donnais des idées aux militants locaux en leur montrant les pages de Liberté-Hebdo. Je sui sûr que vous avez contribué au Non majoritaire dans la région cette année là.
Durant la campagne de la présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon en 2012, vous n’avez pas craint de vous présenter comme le journal du Front de gauche ni de relayer cette belle campagne collective. J’irai même un peu plus loin : toutes ces dernières années, en ouvrant vos colonnes à tous ceux qui luttent et refusent l’austérité, vous avez été les précurseurs de ces démarches de rassemblement et donc aussi du Front de gauche.
Enfin, personnellement, en tant que lecteur, je tiens à souligner la qualité de la nouvelle formule. J’apprécie beaucoup la place, unique dans la région, laissée aux acteurs culturels de la région. Liberté-Hebdo n’a pas fait le choix des chiens écrasés et du fait divers, mais parle de l’actualité du quartier en la mettant en connexion avec la mondialisation. C’est un journal local ouvert sur le global. J’oserai même dire un journal mondial de la région Nord/Pas-de-Calais.

Thomas Levivier, Rédacteur en chef de Croix du Nord
Pourquoi Croix du Nord soutient Liberté Hebdo

La presse d’opinion n’est pas légion dans le Nord-Pas-de-Calais.
C’est pour cela qu’il faut se battre pour qu’elle existe.
Les difficultés financières que connaît Liberté Hebdo depuis plusieurs semaines s’aggravent et mettent en péril votre hebdomadaire. La mobilisation autour de votre titre doit être relayée partout et par tous.
Si pour certains cela peut sembler incongrue ou étonnant qu’un hebdomadaire chrétien soutienne son confrère communiste, c’est de notre côté une évidence.
Nous exerçons le même métier, avons le même devoir d’informer, et nous faisons face aux mêmes difficultés (baisse de notre diffusion, hausse de coûts de fabrication, aides d’État à la presse en recul). Le tout sur fond de révolution numérique où l’information devrait être toujours brûlante.
Si elle n’est pas dite avec les mêmes mots et ne s’appuie pas sur les mêmes références, nous avons à cœur, je pense, avec Liberté Hebdo de défendre l’Homme dans une époque où il est malmené. De promouvoir une certaine idée de l’Homme. Et de croire en l’avenir malgré la crise, malgré le pessimisme ambiant, malgré tous les obstacles.
Avec Liberté Hebdo, nous avons aussi vocation à apporter des points de vue, une opinion, un regard fort dans une époque où les discours creux et lisses sont légion.
Nous sommes avec vous dans ce combat pour que Liberté Hebdo
vive et continue d’apporter sa vision, d’être ce poil à gratter, de donner la parole à ceux qui luttent. Un journal est composé de journalistes, de salariés, mais aussi d’une communautés de lecteurs, d’amis, de soutiens. C’est désormais à eux de prendre leur journal en mains.
La diversité de la presse a toujours fait sa richesse, cette diversité ne doit pas disparaître.
Longue vie à Liberté Hebdo !

Jérôme Leroy, écrivain, chroniqueur à Liberté-Hebdo
J’ai vu disparaître…

Depuis ma naissance, j’ai vu disparaître un tas de choses.
J’ai vu disparaître le franc, les cabines téléphoniques, les trains corail
et les demoiselles du renseignement.
J’ai vu disparaître l’URSS, les scores à deux chiffres (avant la virgule) pour le PCF, les librairies de quartier et les cinémas du même non.
J’ai vu disparaître le service militaire, les Boyards maïs, la sidérurgie française et la retraite à taux plein avec 37 annuités et demie.
J’ai vu disparaître les billets BIGE, les classes dans le métro
(mais pas les classes sociales ni la lutte qui va avec.) et les pompistes dans les stations service.
J’ai vu disparaître Hara-Kiri, Aragon, l’hebdomadaire Révolution et les banques nationalisées.
J’ai vu disparaître Hugo Chavez, Henri Alleg et Georges Marchais (hélas) mais aussi Pinochet, Thatcher et Reagan (tant mieux).
J’ai vu disparaître le pouvoir d’achat des plus pauvres, l’espoir d’une vie meilleure pour la génération qui suit et le minitel qui était fait pour tout le monde (gratuitement) au profit de l’ordinateur qui est fait pour chacun
(en payant un max).
J’ai vu disparaître les vols habités vers la lune, le CNPF (mais pas le Medef), le SAC et les cassettes VHS.
J’ai vu disparaître le cordon sanitaire face au FN, la décence républicaine chez un président de la République avec Sarkozy, la Fête de l’Huma
au JT de 13H avec Mourousi en direct et les machines à écrire.
J’ai vu disparaître des journaux, beaucoup de journaux.
J’ai vu disparaître des gens que j’aimais et qui croyaient à un monde meilleur.
Mais je n’ai jamais vu disparaître l’espoir et le sens du combat chez
ceux qui se dressent chaque jour contre la sauvagerie du capitalisme.
C’est pour cela que j’aimerais autant ne pas voir disparaître
Liberté Hebdo qui depuis sa naissance a toujours fait partie de ce combat.

Franck Jakubeck, ami de Liberté-hebdo, militant de la presse d’opinion
Les idées ne manquent pas pour faire vivre ce journal

50 euros par an pour Liberté chaque semaine dans sa boite aux lettres…
Moins d’un euro par semaine donc pour avoir des nouvelles des amis, du pays, des luttes, de la vie… Quand on est loin de la Région, qu’il est bon de garder ce lien. C’est une bouffée d’oxygène que toutes les exilés parisiens ou d’ailleurs comprennent facilement. Le p’tit canard rouge reste le seul témoin progressiste de l’ensemble des événements sociaux, politiques et culturels de ma région. Certes, il y a le quotidien régional, il y a des magazines…mais aucun d’entre eux n’a cette « liberté » de ton, aucun d’entre eux n’est indépendant des puissances financières. Les articles sur les grèves et manifestations ne sont pas les mêmes, vous pouvez comparer…
Cette indépendance, « Liberté » la paie chère. Le papier et  l’impression coûtent  cher, l’acheminement par la Poste pour les abonnés, ou en kiosque ne sont pas gratuits non plus. Et pour réaliser un journal, il faut disposer d’une équipe de journalistes, de maquettistes, d’employés… Bref, boucler les fins de mois quand les recettes publicitaires sont faibles, quand les abonnés ont le porte-monnaie usé par la crise… ce n’est pas simple.
Lorsque j’habitais Wazemmes, nous étions toujours bien accueillis lorsque nous faisions du porte-à-porte avec Liberté-Hebdo à la main. Notre journal a sa place dans le paysage politique et médiatique régionale.
De grands groupes industriels régionaux touchent bien plus d’aides institutionnelles que Liberté. La presse et le pluralisme sont menacés et les pouvoirs publics n’apportent pas les réponses nécessaires. Les aides sur le tarif postal pour les quotidiens à faibles ressources publicitaires sont menacés d’être tranchés nets dans le prochain budget. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.
Les idées ne manquent pas souvent. Les moyens pour les mettre en oeuvre sont plus difficiles à trouver. Autour de nous, il y a des personnes qui ne connaissent pas le journal. Achetons le pour leur offrir et parlons en partout.

Propos recueillis en octobre 2013.

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